Petite Rétrospective de Musica

Après le dernier concert, « The people united will never be defeated » qui rend hommage à la lutte du peuple chilien dans cette sublime interprétation de la pianiste Maroussia Gentet et si bien approprié à l’aujourd’hui des luttes, l’envie nous est venue de faire retour sur les moments qui nous ont marqués au cours de ce Festival.


Soulignons que la diversité des propositions nous a séduits puisque si la musique était toujours présente, festival oblige, nous avons pu l’apprécier en accompagnement du THEATRE, au TNS avec « Devenir Mutantes » de Sasha J. Blondeau , « Paradis plage » de Kenza Berrada, au Maillon avec « Hunter » de Liesa Van der Aa et « Kassia Undead » de Lara Barsacq, ou au TJP avec « Retors paniques » de Renaud Herbin.

Le festival nous a offert l’opportunité de voir un OPERA « The Curing Line » de l’irlandais Michael Gallen et d’apprécier à sa juste valeur un spectacle consacré à la DANSE « Le Mur » de la chorégraphe renommée Mathilde Monnier avec le Ballet de l’Opéra du Rhin.

Toujours pour souligner la diversité des propositions ajoutons ce RECITATIF « Walden » qui conte à travers quelques passages choisis l’aventure de Henry David Thoreau faisant retraite dans une cabane au bord d’un étang. Heiner Goebbels pour l’écriture musicale et Keir Neuringer en récitant en ont fait une œuvre majeure.

A remarquer que tous les intervenants sont des artistes de grand talent et qu’ils allient pour certains une polyvalence surprenante comme ce fut le cas dans « Kassia » où ils se révélaient excellents danseurs, chanteurs, instrumentistes et que la mise en valeur des prestations  requéraient parfois des mises en scène très élaborées comme ce fut le cas pour « Paradis  Plage » au TNS ou «  Kassia » au Maillon ou pour d’autres la totale simplicité du plateau, ainsi pour le concert dédié à Aperghis où les solistes, Florentin Ginot à la contrebasse et Marco Blaauw à la trompette apparaissent, seuls, attachés de facto à leur instrument.

Outre ces deux interprètes nous avons été sensibles au fait que Musica nous a permis de pénétrer l’univers d’autres solistes qui nous ont éblouis par la maitrise de leur instrument et par leur virtuosité. Nous citerons ceux qu’il nous a été donné d’entendre comme le tromboniste Alex Paxton, ou encore les solistes se détachant de Crash Ensemble dans « Irish Rising, Caoimhin O Raghallaigh au violon, Michael Gallen au piano, Natalia Beylis à l’orgue. Et revenons sur la performance de Maroussia Gentet au piano pour la clôture du festival.

Nous n’oublierons pas que ce festival dédié à la voix nous a fait entendre combien celle-ci est porteuse d’émotions, combien le langage peut s’y prêter comme il peut l’être à la fantaisie, au jeu permettant aux créateurs de donner libre cours à l’inventivité, celle qu’on a appréciée dans « Roomful of Teeth » d’Alyssa Regent, Florent Ghys et Caroline Shaw ou dans « Tell Tales » de Georges Aperghis.

Une fois encore le Festival Musica nous a donné ces moments de découverte, d’écoute, d’émotion qui nous réjouissent quand s’ouvre la saison culturelle dans notre ville.

Marie-Françoise Grislin

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