Fora
D’Alice Rende
C’est à une prestation exceptionnelle que nous avons pu assister ce mercredi au Reithalle d’Offenburg où nous avait conduits le bus commandé par Le Maillon puisque le spectacle d’Alice Rende faisait partie de la programmation.
Voir cette jeune femme enfermée dans cette grosse boite de six mètres de haut et de soixante centimètres de large nous indique-t-on est pour le moins impressionnant et une sorte d’empathie se fait jour en nous. Et nous voilà attentifs à la gestuelle qu’elle élabore pour s sortir de cette prison et quelle gestuelle, celle, bien évidemment de celle d’une contorsionniste qu’elle se déclare être mais pas dans ce que l’on connait et attend de cette discipline souvent pratiquée dans un but essentiellement spectaculaire. Là nous sommes en véritable situation car il s’agit de trouver le moyen de sortir de cette boite, de trouver une issue et pour ce faire la nécessité d’explorer les parois de la cage, de tester leur résistance de détecter peut-être une faille, d’où ce palpage, mains grandes ouvertes glissant de haut en bas, jambes en complète extension pour arriver jusqu’au plafond. Recherche constante, persévérance, les pieds escaladent, on touche au but et c’est la chute, recroquevillement sur soi pour réfléchir, se reprendre avant d’inventer des postures plus acrobatiques, de s’arc-bouter le long des parois, d’arriver enfin à saisir la barre du haut mais lâcher prise et retomber avant de recommencer avec des regards vers l’extérieur qui en disent long sur le désir de se sortit de là. Nous avons le souffle coupé devant tant d’énergie et d’inventivité dans ces postures de désenfermement et face à ce corps virtuose qui plie et ne rompt pas. Mais ce n’est pas en vain qu’il s’acharne, bientôt le plafond cède et notre héroïne parviendra dans un effort qui tend ses muscles à se hisser hors de la boite et de regagner le plancher des vaches. Un soulagement entaché du souvenir des moments difficiles que son corps a du mal à oublier et reproduit en une sorte d’auto-chorégraphie qui ferme harmonieusement ce spectacle qui nous a paru une belle ode à la délivrance et une invitation à l’apprentissage de la liberté.
Marie-Françoise Grislin
Représentation du 20 mai à Offenburg
