The Goldberg Variations
La danse est un langage, peut-il parler politique ?
Une question à laquelle le chorégraphe belge Michiel Vandevelde répond par ce spectacle manifestement engagé dans lequel il s’implique en tant que metteur en scène et interprète en compagnie de deux autres danseurs Oskar Stalpaert et Amanda Barrio Charmelo.
Avant que leur prestation ne commence chacun vient se présenter, Amanda expose la finalité de ce spectacle qui parcourt le temps long entre la musique , le choix ayant été porté sur celle de de Bach et la danse des années 65-7O en rupture avec la danse dite classique, une époque marquée par de nombreux mouvements sociaux et avec la guerre du Vietnam en toile de fond, qui suscita beaucoup de manifestations, puis vient Oskar Stalpaert qui dit combien ses vidéos de danseur lui ont attiré de sympathiques rencontres, enfin Michiel Vandevelde qui dit son retour à la danse après cinq ans d’interruption et est devenu chorégraphe.
Une présentation faite avec naturel et simplicité, qualités qui dominent dans leurs prestations où ils évoluent courant à travers le plateau, bondissant parfois, s’approchant l’un de l’autre ou exécutant leur gestuelle en solo, toujours avec fluidité et sans esbrouffe, reprenant des gestes du quotidien, semer, bêcher le sol mais aussi s’y écrouler comme frappé par une quelconque attaque ou tuerie. Un sentiment de liberté se dégage de ce travail du corps en perpétuel mouvance accompagné par la musique de Bach interprétée de façon magistrale mais inattendue à l’accordéon par Philippe Thuriot et mis en évidence par un jeu de lumière très pertinent qui ne laisse rien passer de l’expressivité de leur posture.
C’est que tout cela représente la vie comme les chorégraphes pionniers de la nouvelle danse l’ont, pourrait-on dire créée, Steve Paxton en particulier ou Lucinda Childs et d’autres participant de ce courant de la post modern dance et de la danse improvisée. Mais la vie ce ne sont pas seulement les gestes du quotidien ce sont aussi ceux effectués lors de nos engagements lors des manifestations pour protester contre l’intenable et justement par le jeu de projections sur les grands rideaux qui sont déployés à trois reprises sur le devant de la scène on peut assister à ces divers regroupements qui ont eu lieu, par exemple contre la guerre du Vietnam ou autres, un certain flou des images permettant d’en décider.
Ainsi par le biais de ces projections Michiel Vandevelde nous fait-il comprendre que pour lui la danse ne peut s’exempter de la réalité et des engagements qu’elle suscite, option que nous partageons vivement.
Marie-Françoise Grislin
Représentation du 22 mars 2026 au Maillon
